ATD Quart Monde salue Joseph Boubacar Ndiaye

La Maison des Esclaves
Située sur l’Ile de Gorée, au large de Dakar, la Maison des Esclaves est devenue le symbole de la traite négrière. Accueillis pendant 40 ans par Joseph Boubacar Ndiaye, les visiteurs se voyaient expliquer en ce lieu la tragédie vécue par les 11 millions d’africains déportés comme esclaves aux Amériques, entre le XVI° et le XIX siècles. La Maison des Esclaves avait été inscrite dès 1978 par l’Unesco au Patrimoine de l’Humanité
Rencontre de Joseph Wresinski et Joseph Boubacar Ndiaye
Lors de son dernier voyage au Sénégal, en novembre 1987, pour y rencontrer les membres du Mouvement, le fondateur d’ATD Quart Monde s’est rendu à Gorée. Sa rencontre avec Joseph Boubacar Ndiaye fut brève, mais suffisante pour leur permettre de se reconnaître sur un même chemin, pour la dignité de l’Homme.
Inspiré par le récit de Joseph Boubacar Ndiaye, Joseph Wresinski écrivit dans le livre d’or de la Maison des esclaves les lignes suivantes :
« Des millions et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, aujourd’hui, disent non à la misère et à la honte, parce que des hommes hier traités en esclaves par les puissants ont, en leur cœur, affirmé qu’ils étaient des hommes. Et nombreux sont morts, pendant trois siècles, pour que personne ne l’oublie »

Cette phrase, qui fait écho au texte gravé un mois plus tôt sur le parvis des libertés et des droits de l’homme à Paris, à l’occasion de la Journée Mondiale du refus de la misère, fut ensuite relevée par Joseph Boubacar Ndiaye et gravée sur une plaque scellée sur l’un des murs de la Maison.
Partage d’engagements
Si Joseph Boubacar Ndiaye a reçu « les grands de ce monde », comme le rappelle le quotidien français « Le Monde » dans son édition du 11 février 2009, nous nous rappelons qu’il avait aussi su consacrer un temps pour accueillir, en 2001, une délégation de membres du Mouvement ATD Quart Monde, venus de plusieurs pays africains.

Il les a félicités et encouragé à poursuivre leur engagement avec des populations délaissées, écrasées par la honte, les soucis et les humiliations de la misère. Par son « ardeur à refuser l’oubli » (cf hebdomadaire « Jeune Afrique », n°2510 du 15 février 2009), la force de son témoignage et de ses convictions, Joseph Boubacar Ndiaye nous rappelle que si l’esclavage et l’apartheid ont été bannis de nos sociétés, la misère peut l’être également.
Le 17 octobre 2007, à l’occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère, Ami Karim questionnait dans son slam : « (…) Combien de temps avant qu’on ne refuse tous la misère ? Je veux plus fermer les yeux, je veux me sentir agressé, quand au lieu de la faire disparaître, on me parle de la faire régresser, C’est comme si on avait offert aux esclaves noirs d’en libérer que 20 % (…) »
Voir la page originale de la photo de J. Ndiaye sur : http://www.rewmi.com/rewmi/photo/498840-639226.jpg





