Au Sénégal : Être enregistré à l’état civil, un droit pour tous les enfants

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À Dakar où il est présent depuis 1982, ATD Quart Monde a rejoint des populations très pauvres dans des bidonvilles et des zones de déguerpissement à travers des actions culturelles dans la rue. Dans ces lieux, certains parents disent : « À part vous, personne n’est jamais venu nous voir, s’intéresser à nous, à nos enfants, discuter avec nous ». Grâce à cette confiance, des familles exclues ont accepté de participer en 2004, avec le soutien du Mouvement, à la campagne de sensibilisation sur l’enregistrement à l’état civil des enfants non déclarés à la naissance. Cette campagne, lancée par le gouvernement sénégalais, a été soutenue par de nombreuses ONG et des institutions internationales comme l’UNICEF. ATD Quart Monde craignait que les familles les plus exclues ne soient ni informées, ni sollicitées, et qu’elles ne puissent pas contribuer.

Cette contribution a pu s’exprimer lors d’une ren-contre à la mairie de Sam-Notaire (Guédiawaye), le 17 janvier 2004. Le Chef de la Division de l’État civil du Ministère des Collectivités locales et de la Décentralisation, plusieurs agents d’état civil de différentes mairies et des responsables de l’UNICEF et des ONG étaient présents. Les familles ont relaté les difficultés vécues par les plus fragiles d’entre elles : « Je connais une famille de 5 enfants, aucun n’est déclaré. (…) Il y a un manque de moyens et aussi de temps à cause du quotidien. (…) Ils sont tellement préoccupés par trouver de quoi subvenir aux besoins de la famille qu’ils ne pensent pas à déclarer l’enfant. [1] »

Mais elles ont aussi livré les espoirs que cette campagne suscitait : « Il faut nous aider le plus rapidement possible à obtenir les papiers pour nos enfants. Nous voulons leur offrir l’occasion de réussir, en leur donnant les mêmes chances que tous les autres enfants… Il faut que nos enfants puissent accéder à l’école, et s’ils réussissent, ils pourront nous aider à résoudre certaines de nos difficultés. » Il a fallu beaucoup de ténacité et de courage aux familles et aux membres d’ATD Quart Monde pour que tous ceux qui osèrent entreprendre les démarches d’enregistrement à l’état civil ne renoncent pas en chemin. Toutes les personnes se sont attachées à recenser les enfants et les adultes de leur entourage qui n’étaient pas déclarés à l’état civil, afin de les entraîner dans le processus. Ce sont finalement 161 enfants et adultes qui ont pu obtenir leur acte de naissance.

Au moment de l’évaluation du projet, les familles ont proposé des solutions aux problèmes rencontrés lors des audiences d’enregistrement. Leurs réflexions recouvraient plus largement les multiples facettes d’un meilleur accès à ce droit, révélateur de tous ces droits dont les pauvres sont exclus. Ceci dans le contexte des communautés confrontées à des conditions de vie très précaires.

Extrait du rapport triennal 2002 - 2005

[1] Rapport moral d’ATD Quart Monde Sénégal, 2004, p. 6.

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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