Décès de Francine de La Gorce

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Francine de La Gorce est décédée le 7 septembre 2011 à l’âge de 78 ans. Elle avait été la première à rejoindre définitivement le Père Joseph Wresinski en avril 1960 au Camp de Noisy-le-Grand. Commentant récemment ces premiers temps, elle en disait : « L’année 60 s’est finie avec deux enfants qui sont morts brûlés dans leur igloo [1]. C’était cela cette première année. Et toute la population du camp est venue devant ces deux enfants et a dit : « On finira tous comme ça, si ce n’est pas par le feu, ce sera par le froid ou par la faim. Et tout le monde s’en fout ! ». Et c’est cela qui a fait le Mouvement, je pense. Moi, ce jour-là, j’ai décidé : je reste avec elles, ici. » Les familles du camp l’ont adoptée et elle a fait de leur résistance à la misère et de leur recherche de dignité et de liberté l’enjeu de sa propre vie.

Mère de quatre enfants, femme passionnée et d’une grande intelligence, elle a mis toute son énergie et ses compétences au service du Mouvement ATD Quart Monde. Elle a été la première secrétaire du père Joseph de 1960 à 1967, puis la directrice de la Cité de promotion familiale de Noisy, enfin la vice-présidente d’ATD Quart Monde en France pendant trente ans. Elle a écrit plusieurs livres et de multiples articles [2], ou dans la Revue Quart Monde pour raconter comment ATD Quart Monde est né et s’est construit et pour faire connaître le père Joseph. Elle n’a cessé de mettre en lumière l’importance de la famille pour lutter contre la misère. Sa foi profonde était nourrie d’une spiritualité puisée dans sa rencontre des plus pauvres dont elle dira : « Faire silence face au malheur, faire silence pour écouter l’autre, tenter de le connaître pour mieux le faire entrer en nous, et se reconnaître enfin d’une commune fraternité avec lui, c’est peut-être le fondement de notre spiritualité commune. [3] »

[1] Nom donné aux baraques du camp

[2] Disponibles aux Éditions Quart Monde.

[3] In « Debout face au malheur » p.81

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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