Droits de l’enfant, au premier rang des préoccupations

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Des personnes et des associations engagées avec des enfants et des familles démunis mettent le doigt sur les changements fondamentaux que doit entraîner l’application de la Convention internationale sur les droits de l’enfant.

Le vingtième anniversaire de la Convention internationale sur les droits de l’enfant offre l’occasion de s’arrêter sur l’avancée que représente l’adoption de cet instrument juridique ainsi que sur les défis que continue à poser sa mise en œuvre. Dans cet article, nous voudrions mettre l’accent sur des personnes et des associations qui à travers leur engagement quotidien avec des enfants et des familles démunis mettent le doigt sur les changements fondamentaux que doit entraîner l’application de la Convention pour tous les enfants, sans exception.

« Dans son engagement à appuyer la population exclue et défavorisée dans la régularisation de leur état civil, l’équipe a remis en main propre plus de 1 500 actes de naissance au sein de plusieurs villages au sud de Tuléar. Ces actes permettent à ces personnes – en grande majorité des enfants – d’avoir la possibilité de s’inscrire aux examens scolaires, d’accéder aux soins. Les remises ont vu la présence de nombreuses autorités. » J.-L. G., ONG " Bel Avenir " Newsletter n°46, Madagascar

« J’ai pris conscience de la pauvreté dès l’âge de 7 ans. A cette époque j’ai découvert que ma mère, un soir, n’a pas pu allumer le feu pour préparer le repas. Ce jour-là j’ai su qu’il se passait quelque chose. Elle était triste en me regardant, et elle avait laissé couler des larmes. De l’enfant heureux et inconscient que j’étais, ma vie a basculé tout de suite dans la tristesse et dans les soucis car j’avais peur lorsque j’étais à l’école de rentrer à la maison et ne rien manger. Ce n’est donc pas un hasard si je suis fermement engagé dans cette association de lutte contre la pauvreté. Je me réjouis de savoir que des gens de par le monde sont aussi engagés pour la même cause. Je pensais que nous prêchions dans le désert. » Banacéma S., MVCP, Togo

« Dans une petite ville pas loin de Bukavu, plus de quatre mille enfants (de 6 à 16 ans) ne vont pas à l’école. Ils sont utilisés pour chercher de l’or dans les mines d’or afin de survivre. Plusieurs d’entre eux vivent là leur vie, en silence. Tous ces enfants n’ont pas d’espoir pour le futur. Notre ONG fait de la sensibilisation auprès des adultes, des autorités locales et des enfants afin de les aider à abandonner le travail des enfants et d’envoyer ceux-ci à l’école. » Dieudy M.K., ONG CADF, RDC

Ce qui frappe dans les témoignages et les actions menées par les correspondants du Forum Permanent est leur prise en compte de la globalité de la vie des enfants. Ils ne les dissocient pas de leurs parents ni de leur communauté. Ils ne voient pas simplement « des enfants vivant dans la rue », ou « des enfants au travail ». Ils rendent visibles les réalités complexes et multiples des enfants et de leur famille et en font le point de départ de leur action. Ils mettent en évidence les potentiels et les actes de résistance d’enfants et d’adultes même dans l’exclusion la plus totale.

« Les guerres à répétition ont contribué à l’accentuation de la misère dans bon nombre de familles. Dans un camp, suite à la situation sociale précaire du pays la malnutrition s’annonçait chez plusieurs enfants. Cela a causé aussi de nombreux décès. Les mamans et leurs enfants au sein du dit camp, face à cette tragédie macabre, se sont organisées pour pallier tant soit peu cette situation. Ils ont commencé à entreprendre la culture de légumes dans les jardins sur une terre acquise. Ils plantent et récoltent tomates, amarantes, choux et oignons qu’ils vendent et consomment en famille. Le peu d’argent récolté leur permet de payer la farine, l’huile de palme et quelquefois la prime scolaire pour leurs enfants. Profitant de cette union, ils ont créé leur association. Les mamans sont au nombre de 50. Très souvent les enfants s’occupent de l’arrosage et de la vente des produits récoltés après l’école, pour ceux qui étudient. La plupart d’entre eux font partie des groupes Tapori. » Faustin N. et Deo K, Enfants Étoiles, RDC

Au-delà des dénonciations, l’engagement au quotidien des correspondants du Forum Permanent fait appel à la responsabilité de tous, des enfants comme de leur famille, comme des responsables politiques, économiques, culturels.

« Le monde est si petit et le mal dont sont victimes les enfants est tellement grand que si rien n’est fait pour améliorer leur sort, ils finiront par devenir de véritables obstacles pour l’avenir du monde. Je souhaite que notre travail puisse contribuer à un monde plus juste où le droit de tous les enfants soit enfin au premier rang des préoccupations des dirigeants de ce siècle. » Chadefi Jameau, JEUNE Haïti

Huguette Redegeld, Vice Présidente

(Extraits d’un article publié dans la Revue Quart Monde, n° 209)

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Le dessin est de Hélène Perdereau.

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