Suzelle et Nerline

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Unies pour l’avenir de leur pays

Suzelle et Nerline, deux femmes que l’âge et les conditions de vie auraient dû séparer, se retrouvent unies dans un combat pour une société plus juste. Suzelle Midy Duval, couturière, mariée, est grand-mère de trois petites filles. Nerline Laguerre finit ses études. Elle veut être infirmière. Toutes deux ont en commun Haïti, le pays où elles vivent, et le profond désir de voir la misère disparaître. Au départ, Suzelle est intriguée par les volontaires permanents d’Atd Quart Monde qu’elle croise régulièrement. Par l’intermédiaire d’une amie, elle fait leur connaissance, et participe un dimanche à une Université populaire [1]. "De la grande rue, on voit les mornes (collines), les bidonvilles. Je me posais des questions. Atd Quart Monde m’a permis de découvrir les gens pauvres, de voir quelles sont leurs ambitions pour leurs enfants, on est devenus amis ". Depuis, elle s’implique beaucoup, dans l’émerveillement de ce que chacun peut apprendre à l’autre. Elle essaie de transmettre à sa famille et à ses amis ce qu’elle vit dans son engagement. Nerline vit dans un quartier pauvre de Port-au-Prince. C’est de son père, aujourd’hui décédé, qu’elle a hérité son engagement. Sa famille accueille une fois par semaine, depuis quatre ans, mamans et enfants dans une activité Bébés Bienvenus. Aînée de huit enfants, elle ressent une certaine fierté à ce que tous ses frères et sœurs aillent à l’école, consciente que l’instruction ouvre un avenir. Elle s’investit également dans un groupe où sont lus des textes du père Joseph Wrésinski, et qui alimentent la réflexion : " À partir de nos lectures, nous apportons des idées par rapport à notre situation. Ça donne du courage ".

Suzelle et Nerline font partie d’un Comité dit " de rassemblement " composé de dix-sept personnes (volontaires permanents, amis et une grande majorité de personnes et familles vivant la pauvreté). Ce comité prépare les rencontres de la Journée mondiale du refus de la misère du 17 octobre, l’anniversaire du décès du père Joseph Wrésinski le 14 février, ainsi que des visites à la bibliothèque, des expositions de sérigraphies, de photos…

C’est aussi un lieu où l’on essaie de voir ensemble comment aider les familles en difficulté. On y échange des nouvelles des différents quartiers, du monde. Le Conseil des amis, où se retrouve également chaque mois Suzelle, est " un autre lieu où se partager les idées ".

Un projet leur tient à coeur, celui de créer une petite association pour faciliter l’accès à l’école, et permettre aux parents de construire leur maison. Dans un pays fragilisé par les conflits politiques, cela demande un courage et une volonté immenses d’oser sortir de chez soi pour se rendre à des réunions et à des rassemblements. De plus, le chemin est souvent long d’un endroit à un autre. "Il faut compter une heure à cause des embouteillages pour se déplacer de Martissant (quartier de la banlieue sud de Port-au-Prince) à la maison Quart Monde ", explique Nerline. Suzelle témoigne : " Parfois, les routes sont bloquées par des barricades. Le 17 octobre 2003, on a dû s’organiser et se retrouver la veille pour être sûrs que les gens ne soient pas séparés et puissent venir ". Suzelle et Nerline portent dans leur combat leur famille et tous ceux qu’elles rencontrent, qu’elles découvrent d’une même humanité.

[1] Universités populaires : rencontres mensuelles autour d’un thème entre personnes de différents milieux et avec un ou plusieurs invités.

12 septembre 2006
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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski