« Tu vas te relever comme le phénix »

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Dans le monde entier les pauvres manifestent leur soutien aux victimes du séisme en Haïti

11 février 2010
La vague de soutien à Haïti soulevée par le tremblement de terre du 12 janvier est considérable et les médias en ont largement fait écho, soulignant, surtout durant les premiers jours, les gestes des artistes, des hommes politiques, des intellectuels, etc. A travers sa présence dans les zones de grande pauvreté, ATD Quart Monde a pu capter comment les personnes qui connaissent la misère réagissent dans le monde entier. En voici quelques exemples.

Des membres du Mouvement de Tanzanie écrivent leur inquiétude pour ceux qu’ils connaissent en Haïti en rappelant les épreuves : glissements de terrain, effondrements de galeries de mines, qui affectent des familles entières dans leur pays.

Aux Philippines les membres du Mouvement écrivent combien ils pensent sans cesse aux amis de Haïti. Ils savent ce que c’est de vivre dans un pays où la terre peut trembler, le volcan se réveiller,les inondations détruire les efforts d’une vie, comme à l’automne dernier.

Du Pérou, l’équipe parle des inondations qui viennent de ravager la région de Cusco : les familles de Cuyo Grande, de Villa del Sol sont saines et sauves, mais leurs cultures sont détruites. L’équipe a décidé d’aller avec des livres, des peintures, du papier, dans des endroits où se regroupent des familles qui ont tout perdu, liant cette démarche à celle que vivent les membres du Mouvement à Port-au-Prince aujourd’hui.

Du Honduras, les amis partagent le drame vécu par des familles de El Rio dont les maisons ont été détruites par le feu ainsi que la bibliothèque dont le quartier était fier. Ils se soutiennent et nous demandent de traduire leur message pour qu’au sein du Mouvement, ce qu’ils vivent soit connu. Ils écrivent : « Nous sommes debout et nous restons solidaires de nos frères en Haïti. Adelante pueblo amigo. Tu vas te relever comme le phénix, et un meilleur avenir va naître. Courage à tous, nous sommes avec vous. »

En Irlande, Teresa dicte un message, « je prie pour que vous retrouviez un toit au-dessus de vos têtes. Moi-même j’ai vécu dans la rue pendant trente ans. Gardez l’espoir, il y a forcément un espoir au bout du tunnel ». Toujours en Irlande, Jacqueline qui a vécu tant d’années dans la rue propose de donner un peu d’argent chaque semaine pour Haïti.

En Côte d’Ivoire, des amis qui ont vécu l’épreuve de la violence et de la guerre, disent : « nous avons réfléchi en famille et nous avons décidé de nous passer de certaines choses de notre quotidien pour aider nos amis en Haïti ».

En Belgique, beaucoup de familles très pauvres craignent le placement des enfants ou en souffrent. Elles ont réagi avec force lorsqu’elles ont entendu parler d’accélérer les procédures d’adoption vis-à-vis des enfants de Haïti. Une maman disait : « Ce n’est pas possible. Pourquoi croit-on toujours que cela devrait être mieux pour ces enfants ici que chez eux ? »

En Espagne, un homme qui connaît toujours aujourd’hui la vie dans la rue dit sa fierté de la solidarité de son pays avec le peuple Haïtien. Il ajoute : « Il y a beaucoup d’argent. C’est bien, mais c’est dangereux en même temps. A qui cela va-t-il vraiment profiter ? Ce qu’il faudrait c’est un grand mouvement comme chez nous après la guerre pour reconstruire le pays. Mais attention, chez nous après la guerre, la misère a quand même continué… Il faut qu’ils fassent mieux. »

Sur le Web

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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